Mezzencore
le mezzé libanais en version à emporter
Une enseigne parisienne qui a fait tenir dans un sac ce qui se pratique d’ordinaire assis, à plusieurs.
Mezzencore est une enseigne parisienne de cuisine libanaise et méditerranéenne, construite autour du mezzé adapté à la vente à emporter et à la livraison. Mezzés froids et chauds, pitas et grillades y composent une carte courte, dont un chawarma de poulet distingué en 2022 dans un classement de plateforme de livraison.
- Le concept : le mezzé, format de repas partagé du Levant, rendu transportable.
- Deux adresses : rue Pierre Demours dans le 17e, boulevard Montmartre dans le 9e.
- La carte : houmous, caviar d’aubergine, taboulé, falafel, halloumi, chich taouk, chawarma.
- Végétarien : une commande complète est possible sans viande, l’essentiel des mezzés étant à base de légumes et de légumineuses.
Une table libanaise pensée pour être emportée
Mezzencore est une enseigne parisienne de cuisine libanaise et méditerranéenne, construite autour d’un format simple : des mezzés, des pitas et des grillades préparés pour être emportés ou livrés. Deux adresses dans la capitale, une carte courte, et un parti pris assumé — celui du repas partagé, sorti de la table longue.
La cuisine libanaise, telle qu’on la connaît en France, se pratique le plus souvent assis, à plusieurs, autour d’une profusion de petites assiettes qui arrivent en désordre et restent au centre. C’est précisément ce format que l’enseigne a cherché à conserver en le faisant tenir dans un sac.
Deux cousins, un format
Selon la présentation qu’en fait l’enseigne, celle-ci a été créée par deux cousins, Bassel et Wael Zebib, autour d’une idée qu’ils revendiquent : le mezzé n’est pas une catégorie de la carte, c’est une manière de manger.
Le mot vient du Levant et désigne l’ensemble des petits plats servis simultanément, froids puis chauds, que chacun pioche et fait circuler. Il n’y a ni entrée ni plat principal au sens français : il y a une table qui se remplit, des pains qu’on rompt, des dips qu’on racle jusqu’au fond, des grillades qui arrivent en dernier. Personne ne mange la même chose au même moment, et personne n’attend son tour.
Transposer cela en vente à emporter suppose des arbitrages. Il faut des préparations qui supportent le transport, des contenants qui séparent l’humide du croustillant, et une carte assez courte pour rester tenable. Le pari est là : garder le principe du partage, accepter d’en perdre le décor.
Ce qu’on trouve à la carte
La carte suit la grammaire du mezzé traditionnel : les froids ouvrent, les chauds prennent le relais, les grillades ferment. Pour qui n’a jamais commandé libanais, voici de quoi s’y retrouver.
Houmous
Purée de pois chiches liée au tahini, au citron et à l’ail. C’est la base de tout mezzé, et l’étalon auquel on juge une table libanaise : une texture lisse, une amertume de sésame perceptible, pas de citron dominant.
Caviar d’aubergine
Le moutabbal repose sur le même principe que le houmous, avec de l’aubergine grillée à la place des pois chiches. C’est la cuisson à la flamme qui lui donne sa note fumée reconnaissable.
Taboulé
Rien à voir avec sa version française. Le taboulé libanais est avant tout une salade de persil hachée finement, relevée de tomate, d’oignon et de citron, où le boulgour ne joue qu’un rôle d’appoint.
Falafel
Boulette de pois chiches et d’herbes, frite au moment. Elle se juge à sa texture : croustillante dehors, encore verte et aérée dedans. C’est la préparation qui souffre le plus de l’attente.
Halloumi doré
Un fromage à pâte ferme, fabriqué selon les producteurs à partir de lait de brebis, de chèvre, de vache ou d’un mélange. Sa particularité : il ne fond pas à la cuisson et se colore en surface.
Chich taouk
Des cubes de poulet marinés au yaourt et au citron, grillés en brochette. Le yaourt attendrit la viande et l’empêche de se dessécher sur le gril, ce qu’une marinade à l’huile seule ne fait pas.
Le pain plat, lui, n’est pas un accompagnement : il sert de contenant, de couvert et de support. Les desserts referment la carte sur le registre sucré libanais, où la pistache tient une place centrale, en tarte comme en garniture — un sucré nettement plus marqué que ce à quoi la pâtisserie française habitue.
Le chawarma, pièce maîtresse
C’est le plat qui a fait connaître l’enseigne. Le chawarma désigne une viande marinée empilée en cône sur une broche verticale, cuite lentement par la chaleur latérale, puis tranchée au fil de la cuisson. Chaque copeau sort donc doré à l’extérieur et moelleux à l’intérieur — et cette qualité tient entièrement au rythme de rotation du service.
Ce qui distingue un bon chawarma d’un chawarma quelconque tient à peu de choses. La marinade, d’abord, qui doit avoir eu le temps d’agir. Le montage de la broche ensuite : une alternance de morceaux maigres et gras, sans laquelle la viande s’assèche. La découpe enfin, faite à la commande et non à l’avance, car un chawarma tranché puis maintenu au chaud perd en quelques minutes ce qui faisait son intérêt.
Le chawarma de poulet de la maison a été distingué en 2022 dans un classement établi par une plateforme de livraison. C’est une reconnaissance de popularité plus qu’un label professionnel, mais elle dit quelque chose de la régularité du produit.
Composer une commande qui tient debout
L’erreur la plus fréquente consiste à commander trois dips et rien d’autre. On se retrouve avec beaucoup de pois chiches et peu de repas.
La règle empirique est simple : un froid, un chaud, un féculent, une protéine. Un houmous ou un caviar d’aubergine pour ouvrir, un falafel ou un halloumi pour le contraste de texture, du pain en quantité suffisante, puis une grillade ou un sandwich pour asseoir l’ensemble. À deux, cette base fonctionne telle quelle. À quatre, on double les froids et on varie les grillades plutôt que d’ajouter un cinquième dip. Pour un déjeuner seul, un sandwich et un mezzé froid suffisent largement — le pain libanais est plus rassasiant qu’il n’en a l’air.
La cuisine libanaise est l’une des rares tables où un végétarien compose un repas complet sans effort ni substitution : houmous, caviar d’aubergine, taboulé et falafel forment déjà une commande cohérente, avec des légumineuses en quantité suffisante. Deux réserves cependant. Le halloumi est un fromage, donc écarté d’une commande végétalienne. Et le falafel est frit, souvent dans le même bain que d’autres préparations : à vérifier auprès de l’enseigne en cas de régime strict ou d’allergie.
Ce que le format à emporter change
Les dips et les salades voyagent bien, à condition d’être conservés au frais si le trajet s’allonge. Les fritures et les fromages grillés, eux, ne pardonnent pas l’attente : ils perdent leur croustillant en une vingtaine de minutes sous couvercle, la vapeur qu’ils dégagent restant piégée. Si la commande doit patienter, mieux vaut les prévoir en dernier ou les réserver à une consommation immédiate.
Le pain suit la même logique. Chaud et souple à la sortie, il durcit vite une fois refroidi, et se rattrape en quelques secondes à la poêle sèche plutôt qu’au four, qui l’assèche. Quant aux grillades, elles supportent mieux le trajet que la friture, mais gagnent à être sorties de leur contenant dès l’arrivée : c’est la condensation, plus que le froid, qui les abîme.
Où c’est, et ce qu’il faut vérifier avant de venir
L’enseigne est présente au 88 rue Pierre Demours, dans le 17e arrondissement, et au 9 boulevard Montmartre, dans le 9e. Le format est orienté vers la vente à emporter et la livraison, avec une installation sur place réduite selon les adresses : mieux vaut ne pas y compter pour un dîner assis sans s’être renseigné.
La carte, les formules, les jours d’ouverture, les horaires et les plateformes de livraison partenaires évoluent régulièrement, et les informations qui circulent sur les annuaires et les sites d’avis sont souvent décalées de plusieurs mois. Avant de se déplacer ou de composer une commande pour un groupe, un coup d’œil aux canaux officiels de l’enseigne reste la seule vérification qui vaille.
Reste la question que ce genre d’adresse pose toujours : ce qu’on gagne en accessibilité, on le perd en durée. Un mezzé emporté se mange vite, et c’est peut-être la seule chose qu’il n’a pas pu garder de la table longue.
Qu’est-ce qu’un mezzé, exactement ?
Le mot vient du Levant et désigne un ensemble de petits plats servis en même temps, froids d’abord, chauds ensuite, que chacun pioche au centre de la table. Il n’y a ni entrée ni plat principal au sens français : la table se remplit, les pains circulent, les grillades arrivent en dernier. C’est une manière de manger avant d’être une catégorie de carte.
Quelle différence entre le chawarma et le chich taouk ?
Le chawarma désigne une viande marinée empilée en cône sur une broche verticale, cuite lentement par la chaleur latérale et tranchée au fil du service. Le chich taouk, lui, est une brochette : des cubes de poulet marinés au yaourt et au citron, grillés à la commande. L’un se mange en copeaux, souvent en sandwich ; l’autre en morceaux, avec du pain et des mezzés.
Le taboulé libanais est-il le même qu’en France ?
Non. Le taboulé libanais est avant tout une salade de persil, hachée finement et relevée de tomate, d’oignon et de citron, où le boulgour ne joue qu’un rôle d’appoint. La version répandue en France inverse les proportions et repose sur la semoule. Les deux portent le même nom et ne se ressemblent guère.
Peut-on composer une commande entièrement végétarienne ?
Oui, et sans effort particulier : houmous, caviar d’aubergine, taboulé et falafel forment déjà un repas complet, avec des légumineuses en quantité. Deux points de vigilance toutefois. Le halloumi étant un fromage, il est à écarter d’une commande végétalienne. Et le falafel est frit, parfois dans un bain partagé avec d’autres préparations : la question se pose auprès de l’enseigne en cas de régime strict ou d’allergie.
Que commander quand on ne connaît pas la cuisine libanaise ?
Une base équilibrée tient en quatre éléments : un mezzé froid pour ouvrir, un chaud pour le contraste de texture, du pain en quantité suffisante, puis une grillade ou un sandwich. Cette combinaison fonctionne telle quelle à deux. À quatre, il vaut mieux doubler les froids et varier les grillades plutôt qu’ajouter un dip supplémentaire.
Quels plats supportent mal le transport ?
Les dips et les salades voyagent bien, à condition de rester au frais si le trajet s’allonge. Les fritures comme le falafel et les fromages grillés comme le halloumi, en revanche, perdent leur croustillant en une vingtaine de minutes sous couvercle. Si la commande doit patienter, mieux vaut les réserver à une consommation immédiate.