La pyramide de verre du Louvre au centre de la Cour Napoléon, par temps clair, avec des visiteurs
Boissons · Cafés & thés

Café Marly

la brasserie sous les arcades du Louvre

Une terrasse face à la Pyramide, un nom qui vient de deux chevaux de marbre, et une confusion tenace sur qui exploite quoi. Ce qu’il faut savoir avant de réserver.

Réponse rapide

Le Café Marly est une brasserie installée sous les arcades de l’aile Richelieu du palais du Louvre, au 93 rue de Rivoli, avec une terrasse surplombant la Cour Napoléon face à la Pyramide. On y accède depuis la cour, sans passer par le contrôle du musée. Ouvert en 1994 à l’initiative de Gilbert Costes et décoré par Olivier Gagnère, il est exploité par le groupe Beaumarly — à ne pas confondre avec le groupe Costes, ni avec le Café Richelieu, autre établissement du Louvre situé lui à l’intérieur du parcours muséal.

  • Aile Richelieu, sous le péristyle, face à la Pyramide — pas dans le parcours du musée.
  • Terrasse abritée : l’une des rares de Paris qu’une averse n’interrompt pas.
  • Le nom vient des chevaux de Marly, conservés dans la cour voisine depuis 1993.
  • Réservation recommandée par l’établissement, surtout aux beaux jours.

Où il se trouve exactement, et comment on y entre

Le Café Marly occupe les arcades du palais du Louvre, au 93 rue de Rivoli, dans le premier arrondissement. Sa terrasse court sous le péristyle de l’aile Richelieu, en surplomb de la Cour Napoléon, avec la Pyramide de Ieoh Ming Pei droit devant.

Cette localisation demande une précision, parce qu’elle est la source de la confusion la plus fréquente sur le sujet. Le Louvre compte plusieurs établissements de restauration, et l’un d’eux, le Café Richelieu, porte un nom si proche du vocabulaire des lieux qu’on les confond régulièrement. Ce sont deux adresses distinctes : le Café Richelieu se trouve à l’intérieur du parcours muséal, le Marly sous les arcades, côté cour.

Faut-il un billet du musée ? L’accès se fait depuis la Cour Napoléon, par les arcades, et non par le hall situé sous la Pyramide — autrement dit sans passer par le contrôle du musée. Le Louvre ne l’énonce pas en toutes lettres sur ses pages, ce qui invite à ne pas en faire une règle absolue, mais dans les faits on n’entre pas au Marly par la billetterie. On peut donc y déjeuner sans visiter les collections, et inversement faire une pause sans quitter le périmètre.

La configuration a un autre avantage, rarement mentionné et pourtant décisif à Paris : la terrasse est abritée. Être installé sous un péristyle, et non sous un store rétractable posé sur un trottoir, change complètement la donne quand le temps tourne. C’est l’une des rares terrasses parisiennes où une averse ne met pas fin au repas, ce qui explique sans doute qu’elle reste demandée hors de la belle saison.

Reste que la vue est le vrai sujet. Depuis les tables, on regarde la Pyramide de l’architecte sino-américain Ieoh Ming Pei posée au centre de la cour, et derrière elle la perspective qui file vers les Tuileries. Le point de vue est frontal, surélevé de quelques marches, et il n’existe nulle part ailleurs dans des conditions comparables.

D’où vient le nom

les chevaux, la cour, le château

C’est la partie la plus intéressante du dossier, et celle que la plupart des fiches consacrées au lieu passent entièrement sous silence.

Le nom remonte au château de Marly, résidence que Louis XIV s’était fait construire à Marly-le-Roi pour échapper à la lourdeur de Versailles. Ce sont surtout les sculptures qui ont fait passer le nom à la postérité : les chevaux de Marly, deux groupes de marbre dus à Guillaume Coustou, dont le parcours à travers Paris tient en quelques dates.

Date Étape
1739 Louis XV commande les deux groupes à Guillaume Coustou, pour l’abreuvoir du parc de Marly
1743-1745 Exécution, puis installation à Marly ; ils remplacent deux groupes antérieurs d’Antoine Coysevox, transférés aux Tuileries en 1719
1794 Transfert place de la Concorde, à l’entrée des Champs-Élysées
1984 Retrait des originaux, remplacés sur place par des copies en marbre reconstitué
1993 Installation des originaux au Louvre, dans la cour Marly de l’aile Richelieu

Le café ouvre l’année suivante, en 1994, dans la même aile du palais. La proximité de dates et de lieux est factuelle ; le lien de dénomination, lui, n’est documenté nulle part explicitement. On peut raisonnablement supposer que le café a emprunté son nom à la cour voisine plutôt qu’au château lui-même, sans en faire une filiation officiellement attestée.

Ce détour a une vertu pratique : il donne une raison d’aller voir les chevaux avant ou après, à quelques dizaines de mètres de la table. La cour Marly est l’une des salles les plus agréables du musée, précisément parce qu’elle n’en a pas l’air — un espace autrefois à ciel ouvert, couvert d’une verrière et transformé en patio à degrés, où la sculpture se regarde à la lumière du jour plutôt que sous un éclairage de galerie.

La généalogie a quelque chose de piquant. Le nom de l’établissement remonte à une résidence conçue pour fuir la représentation officielle : Marly était le lieu où Louis XIV recevait un cercle restreint, loin de la mécanique de cour de Versailles. Le château a disparu après la Révolution. Il n’en reste que le parc, les sculptures dispersées et ce nom, devenu celui d’une cour de musée puis d’une terrasse parisienne.

Un décor de 1994 dans un palais

Le Café Marly ouvre donc en 1994, à l’initiative de Gilbert Costes. La décoration est confiée à Olivier Gagnère, qui dessine l’ensemble du mobilier et des luminaires — un travail de commande complète, et non un simple habillage. Des archives photographiques de l’époque associent également Yves Taralon au projet, sans que l’exploitant actuel le mentionne : la précision mérite d’être rapportée avec cette réserve.

Le résultat mélange les registres : boiseries et volumes du palais d’un côté, mobilier contemporain de l’autre, dans une gamme chromatique sombre devenue au fil des ans une signature reconnaissable plutôt qu’une mode datée.

L’ouverture d’une brasserie sous les arcades, quelques années après l’aménagement de la Cour Napoléon dans le cadre du Grand Louvre, relève d’un basculement plus large : le moment où le palais cesse d’être uniquement un musée pour redevenir un lieu de passage urbain. C’est ce qui rend possible de s’y asseoir sans billet, et pourquoi la question se pose encore aujourd’hui.

Trois erreurs qui circulent partout. Le Marly est exploité par le groupe Beaumarly, à ne pas confondre avec le groupe Costes de Jean-Louis Costes : Gilbert et Jean-Louis sont deux frères, montés de l’Aveyron à Paris dans les années 1960, qui ont séparé leurs affaires en 2010. Thierry Costes est le fils de Gilbert, et non son frère. Et le Café Richelieu est un établissement distinct, situé lui à l’intérieur du musée.

Ce qu’on y sert, et à quel budget

L’exploitant présente l’adresse comme une brasserie parisienne contemporaine doublée d’un café littéraire, avec des cartes qui suivent les saisons. Concrètement, on est sur le registre de la brasserie : service à table, carte allant du petit-déjeuner au dîner, viennoiseries et œufs le matin, plats français classiques ensuite.

L’amplitude d’ouverture annoncée est large, du matin jusque tard dans la nuit, ce qui en fait l’une des rares adresses du quartier où l’on peut s’attabler en dehors des créneaux habituels. Les horaires bougent toutefois, et mieux vaut vérifier celui du jour auprès de l’établissement. La réservation, elle, est recommandée par l’exploitant lui-même : la terrasse sous arcades est très demandée et se remplit vite aux beaux jours.

La mention de café littéraire mérite d’être prise pour ce qu’elle est : une intention d’atmosphère, pas un programme culturel. On ne vient pas au Marly pour une rencontre d’auteurs, mais pour s’installer longtemps — ce que l’amplitude horaire rend effectivement possible.

Côté budget, l’addition est élevée. Les fourchettes qui circulent en ligne ne sont ni datées ni sourcées, et sur une carte qui évolue au fil des saisons un montant publié dans un article vieillit en quelques mois : il n’y en aura donc pas ici. Retenez le principe — ce n’est pas une adresse de dépannage budgétaire — et vérifiez la carte du jour.

Aucun plat ne sera davantage désigné comme signature : les listes qui circulent ne sont pas recoupables sur une carte officielle consultable, et un plat emblématique disparaît souvent au changement de saison. Un mot enfin sur l’ambiance sonore, qui surprend certains visiteurs : l’établissement assume une programmation musicale, de la variété française des dernières décennies remixée. C’est un choix revendiqué, à connaître avant de réserver si l’on cherche un déjeuner silencieux.

Ce que disent les habitués

Les avis publiés sur le Marly sont partagés, et une critique revient plus souvent que les autres : l’addition, jugée élevée au regard de l’assiette, et largement imputée au cadre et à l’emplacement.

Le service est apprécié de façon contrastée, décrit tantôt comme efficace mais impersonnel, tantôt comme attentionné. La cuisine, elle, est plutôt bien reçue, avec une mention fréquente pour les pâtisseries et les plats du déjeuner. Le reproche le plus construit ne porte donc pas sur la qualité en elle-même, mais sur le rapport entre cette qualité et le prix demandé.

Ces éléments proviennent d’avis de clients agrégés, non d’une critique gastronomique de référence : une tendance, pas un verdict. La bonne façon d’aborder le lieu est sans doute de savoir ce qu’on vient y chercher. Une table sous les arcades d’un palais, face à la Pyramide, est une expérience de situation : on y paie une place au premier rang d’un décor autant qu’un repas. Qui vient pour cela repart rarement déçu ; qui vient uniquement pour l’assiette a le choix, dans Paris, entre beaucoup d’autres options au même budget.

Un point à connaître avant de réserver

Un élément de contexte, encore peu relayé, mérite d’être signalé.

Le musée du Louvre a lancé en avril 2026 un appel d’offres portant sur l’exploitation d’une activité de restauration dans l’aile Richelieu du palais et en terrasse sur le péristyle Richelieu. Il s’agit d’une concession de huit ans, renouvelable, dont l’exécution doit commencer en septembre 2026. Le cahier des charges impose un service à table exclusivement et interdit la vente à emporter.

Ce que cet avis ne dit pas compte autant que son contenu. Il ne nomme ni le Café Marly ni son exploitant actuel. Il ne désigne aucun titulaire sortant. Et l’issue d’une procédure de ce type reste inconnue tant qu’elle n’est pas attribuée : l’exploitant en place peut parfaitement y avoir répondu et conserver le site.

On ne peut donc en déduire ni fermeture, ni changement de mains. La seule chose établie est qu’une procédure porte sur cet emplacement, avec une échéance à l’automne. Pour qui prévoit d’y aller, la conséquence pratique est simple : confirmer horaires et réservation directement auprès de l’établissement.

Faut-il un billet du musée pour aller au Café Marly ?

L’accès se fait depuis la Cour Napoléon, par les arcades, et non par le hall situé sous la Pyramide : on n’y entre donc pas par la billetterie du musée. Le Louvre ne l’énonce pas explicitement sur ses pages, ce qui invite à ne pas en faire une règle absolue, mais dans les faits on peut s’y attabler sans visiter les collections. C’est d’ailleurs l’un des intérêts du lieu : faire une pause sans quitter le périmètre.

Quelle est la différence avec le Café Richelieu ?

Ce sont deux établissements distincts du Louvre, souvent confondus parce que le Marly occupe lui-même l’aile Richelieu. Le Café Richelieu se trouve à l’intérieur du parcours muséal ; le Café Marly est sous les arcades, côté Cour Napoléon. La localisation change tout, notamment pour la question de l’accès.

Qui exploite le Café Marly ?

Le groupe Beaumarly, qu’il ne faut pas confondre avec le groupe Costes. Gilbert et Jean-Louis Costes sont deux frères qui ont séparé leurs affaires en 2010 : Beaumarly d’un côté, groupe Costes de l’autre. Autre erreur très répandue en ligne : Thierry Costes est le fils de Gilbert, et non son frère.

D’où vient le nom « Marly » ?

Du château de Marly, résidence de Louis XIV, et surtout des chevaux de Marly sculptés par Guillaume Coustou, commandés par Louis XV en 1739 et installés dans le parc en 1745. Transférés place de la Concorde en 1794, puis remplacés par des copies en 1984, les originaux sont conservés au Louvre dans la cour Marly de l’aile Richelieu depuis 1993. Le café a ouvert l’année suivante, dans la même aile : le lien est probable, mais il n’est documenté nulle part de façon officielle.

Faut-il réserver, et à quel budget s’attendre ?

La réservation est recommandée par l’établissement lui-même, la terrasse sous arcades se remplissant vite aux beaux jours. Quant au budget, aucun chiffre fiable ne peut être avancé : les fourchettes qui circulent en ligne ne sont ni datées ni sourcées, et la carte suit les saisons. Les avis convergent en revanche sur un point, l’addition est élevée, et cela tient largement au cadre et à l’emplacement.

Deux chevaux de marbre, une cour couverte et une terrasse sous arcades : le Marly est moins une adresse qu’un point de vue sur le palais qui l’abrite.