Théâtre de Paris
histoire, salles et réservation
Rue Blanche, dans le 9e, une grande scène privée traverse les époques depuis 1891. Portrait d’un lieu et repères pour y assister à un spectacle.
Le Théâtre de Paris est une grande salle privée située au 15 rue Blanche, dans le 9e arrondissement. Ouvert en 1891 sous le nom de Nouveau-Théâtre, il prend son nom actuel en 1919. Il réunit deux salles — la grande salle (environ 1 100 places) et la Salle Réjane (environ 300 places) — et propose une programmation généraliste tournée vers le grand public.
- Adresse : 15 rue Blanche, Paris 9e, quartier Saint-Georges.
- Deux salles : grande salle (~1 100 places) et Salle Réjane (~300 places).
- Théâtre privé : indépendant, non subventionné comme les théâtres nationaux.
- Réserver : billetterie officielle ou plateformes reconnues, en vérifiant la salle.
Il y a, dans le 9e arrondissement, une rue qui descend depuis la place de la Trinité vers Pigalle : la rue Blanche. À mi-pente, derrière une façade discrète, se tient une salle qui traverse les régimes et les modes depuis plus d’un siècle : le Théâtre de Paris. On y est passé sans le voir, peut-être, en remontant vers Montmartre. C’est pourtant l’une des grandes scènes privées de la capitale, un lieu de velours et de dorures dont l’histoire se lit comme un carnet tenu sur plusieurs vies.
Le Théâtre de Paris en bref
Le Théâtre de Paris occupe le 15 de la rue Blanche, dans le 9e arrondissement, à deux pas du quartier Saint-Georges et de la Nouvelle Athènes. C’est une salle privée, c’est-à-dire qu’elle ne relève pas des théâtres nationaux subventionnés par l’État, mais d’une exploitation indépendante qui vit de sa billetterie et de ses productions. Cette distinction, technique en apparence, oriente toute la programmation : un théâtre privé compose avec le public, les têtes d’affiche et l’équilibre des recettes. Le lieu abrite en réalité deux espaces, de jauges et d’ambiances différentes.
| Salle | Capacité (ordre de grandeur) | Spectacles |
|---|---|---|
| Grande salle (à l’italienne) | ~1 100 places | Pièces à grande distribution, comédies, spectacles musicaux |
| Salle Réjane | ~300 places | Formes resserrées, seuls en scène, créations contemporaines |
Une histoire qui commence en 1891
Le carnet du lieu s’ouvre en 1891. Là où s’élevait auparavant une patinoire, on construit une salle baptisée « Nouveau-Théâtre ». Son premier directeur n’est pas un inconnu : Aurélien Lugné-Poe, figure du théâtre symboliste, y défend un répertoire exigeant à une époque où la scène parisienne cherche de nouvelles voies. Le théâtre naît donc sous le signe de la recherche, avant de connaître d’autres vocations. Le nom qu’il porte aujourd’hui n’arrivera que près de trente ans plus tard.
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1891 — Le Nouveau-Théâtre
Ouverture de la salle rue Blanche, à l’emplacement d’une ancienne patinoire. Premier directeur : Aurélien Lugné-Poe, pionnier du théâtre symboliste.
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1906 — Le Théâtre Réjane
La comédienne Gabrielle Réjane rachète la salle et lui donne son nom. Son souvenir survit aujourd’hui dans celui de la seconde salle.
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1919 — Le Théâtre de Paris
Léon Volterra inaugure le lieu sous son nom actuel, le 12 août 1919, et le dirige jusqu’en 1948 — près de trois décennies.
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1975-1990 — L’ère Robert Hossein
Robert Hossein y déploie de grandes mises en scène et un théâtre populaire au sens noble, capable de remplir la grande salle.
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Depuis 2002 — Stéphane Hillel
La direction artistique est assurée par Stéphane Hillel, qui prolonge la vocation grand public du lieu.
Les grandes figures de sa direction
L’histoire d’un théâtre privé se raconte aussi par ses directeurs, qui impriment chacun leur tempérament à la programmation. Après Volterra se succèdent Marcel Karsenty et Pierre Dux de 1948 à 1955, puis la comédienne Elvira Popescu, à qui l’on doit précisément la création de la seconde salle, de 1955 à 1965. Cette succession dessine, en creux, l’identité du lieu : une scène qui a su passer du symbolisme des origines au théâtre de large public, sans jamais cesser d’être habitée. La Salle Réjane, elle, fut aménagée plus tard à partir d’anciens ateliers de costumes.
Cette longévité a une signification particulière pour une salle privée. Là où les théâtres nationaux disposent d’un budget public et d’une mission de service, un théâtre comme celui de la rue Blanche a dû, à chaque génération, trouver son public pour survivre. Les changements de direction ne sont donc pas de simples successions de noms : ils traduisent des paris artistiques et économiques, du répertoire symboliste des débuts aux grandes productions populaires des années 1980. Que la salle ait traversé plus d’un siècle sans fermer durablement en dit long sur sa capacité à se réinventer.
L’architecture et le cadre
Pénétrer dans le Théâtre de Paris, c’est retrouver la grammaire des salles à l’italienne : un plan en fer à cheval, des balcons superposés, le velours rouge et les ors qui réchauffent la pénombre avant le lever de rideau. La salle a connu plusieurs campagnes de travaux, et l’on associe sa physionomie de 1891 à l’architecte Édouard Niermans, dont l’œuvre a marqué nombre de lieux de spectacle parisiens de la Belle Époque. Ce cadre n’est pas un simple décor : il façonne l’écoute. La disposition rapproche le spectateur de la scène, les balcons offrent des points de vue plongeants, et le foyer prolonge l’entracte en moment de conversation. C’est un patrimoine vivant, pas figé : la salle sert encore, soir après soir, l’usage pour lequel elle fut bâtie.
Pour le spectateur, cette architecture se traduit par une expérience concrète. La proximité de la scène, même depuis les balcons, crée un rapport direct avec les comédiens, sans la distance qu’imposent les très grandes salles. L’acoustique d’une salle à l’italienne, pensée avant l’amplification électrique, favorise la voix portée. Et l’entracte, passé au foyer, prolonge la représentation d’un temps social que les lieux plus récents ont parfois sacrifié. Assister à un spectacle dans une telle salle, c’est aussi éprouver une manière ancienne d’aller au théâtre.
La programmation
à quoi s’attendre
Fidèle à sa nature de théâtre privé, le Théâtre de Paris défend une programmation généraliste et tournée vers le public. On y trouve des comédies, des pièces de boulevard, des créations contemporaines, des seuls en scène, et parfois des concerts ou des spectacles musicaux. Les théâtres privés misent volontiers sur des comédiens connus, dont le nom à l’affiche participe au remplissage de la salle ; la distribution fait souvent partie de l’attrait du spectacle autant que le texte lui-même.
Cette programmation suit aussi le rythme des saisons théâtrales, qui courent généralement de l’automne au printemps, avec des reprises et des créations qui se succèdent. Une même salle peut ainsi accueillir, au fil d’une année, des registres très différents, de la comédie légère au spectacle plus ambitieux, selon les productions retenues par la direction.
La programmation change régulièrement, au gré des productions et des saisons. Pour connaître les spectacles, les dates et les distributions à jour, le site officiel du théâtre et les billetteries reconnues restent la référence la plus sûre.
Réserver et assister à un spectacle
Pour qui veut franchir la porte, quelques repères suffisent. Les billets s’achètent à la billetterie officielle du théâtre ou sur les plateformes de réservation établies. L’accès est aisé : plusieurs stations de métro entourent la rue Blanche, parmi lesquelles Trinité-d’Estienne d’Orves, Saint-Georges et Liège, et le quartier se parcourt à pied sans difficulté.
Réserver tôt
Les spectacles portés par une tête d’affiche se remplissent vite. Prendre ses places à l’avance évite les déceptions sur les dates prisées.
La bonne salle
Grande salle ou Salle Réjane : l’expérience diffère selon la jauge. Vérifiez la salle indiquée au moment de l’achat de vos billets.
Tarifs variables
Les prix dépendent du spectacle, de la catégorie de place et de la période. Il n’existe pas de tarif unique : comparez selon la représentation.
Autour du théâtre
le quartier
Le Théâtre de Paris ne se visite pas hors sol. Il appartient à un quartier, celui de la Nouvelle Athènes et de Saint-Georges, où les rues en pente conservent un parfum de XIXe siècle, entre hôtels particuliers et façades discrètes. Cafés et brasseries y abondent, propices à une halte avant la représentation ou à un dîner après le rideau. La sortie au théâtre s’inscrit alors dans une déambulation plus large : un repas dans le 9e, une marche jusqu’à la rue Blanche, une soirée en salle, puis le retour lent par des rues que la nuit rend plus silencieuses. Une lecture longue du paysage urbain, à laquelle le théâtre donne son point d’orgue.
Le quartier lui-même mérite le détour avant le lever de rideau. La Nouvelle Athènes, dessinée au début du XIXe siècle, doit son nom au goût néoclassique de l’époque ; on y croise d’anciens hôtels particuliers, des places calmes et la mémoire des artistes qui y vécurent. Quelques rues suffisent pour passer de l’animation de la place de la Trinité au silence d’une ruelle plus discrète, et c’est dans ce contraste que la sortie au théâtre prend son relief.
Où se trouve le Théâtre de Paris ?
Le Théâtre de Paris est situé au 15 rue Blanche, dans le 9e arrondissement, à proximité de la place de la Trinité et du quartier Saint-Georges. Plusieurs stations de métro le desservent, parmi lesquelles Trinité-d’Estienne d’Orves, Saint-Georges et Liège.
Quelle est la différence entre la grande salle et la Salle Réjane ?
Les deux salles se distinguent par leur jauge et leur usage. La grande salle accueille de l’ordre de 1 100 spectateurs et convient aux spectacles d’ampleur ; la Salle Réjane, plus intime avec environ 300 places, se prête aux formes resserrées comme les seuls en scène. Il est conseillé de vérifier la salle au moment de réserver.
Le Théâtre de Paris est-il un théâtre public ou privé ?
C’est un théâtre privé. À la différence des théâtres nationaux subventionnés par l’État, il fonctionne de manière indépendante et vit principalement de sa billetterie et de ses productions. Cette nature explique une programmation généraliste, tournée vers un large public.
Comment réserver une place au Théâtre de Paris ?
Les billets s’achètent à la billetterie officielle du théâtre ou sur les plateformes de réservation reconnues. Mieux vaut réserver tôt pour les spectacles à tête d’affiche, vérifier dans quelle salle se joue la représentation, et savoir que les tarifs varient selon le spectacle et la catégorie de place.
Depuis quand le Théâtre de Paris existe-t-il ?
Le lieu ouvre en 1891 sous le nom de « Nouveau-Théâtre », à l’emplacement d’une ancienne patinoire. Il devient le « Théâtre Réjane » en 1906, lorsque la comédienne Gabrielle Réjane le rachète, puis prend son nom actuel de Théâtre de Paris en 1919, sous la direction de Léon Volterra.
Plus d’un siècle après l’ouverture du Nouveau-Théâtre, la salle de la rue Blanche continue de lever son rideau. Il reste à consulter le programme du moment et à anticiper sa réservation — puis à laisser le quartier, autour, faire le reste de la soirée.