Théâtre Marigny
histoire, salles et programmation
Une rotonde classée des Champs-Élysées, deux salles et une réouverture en 2018 : ce que l’on sait du lieu, sans information périssable.
Le théâtre Marigny est une salle parisienne installée dans les jardins des Champs-Élysées (Paris 8e). Bâtiment en rotonde hérité d’un panorama de 1883, il réunit une grande salle à l’italienne classée et le Studio Marigny, et a rouvert en novembre 2018 après cinq ans de fermeture.
- Emplacement : carré Marigny, jardins des Champs-Élysées, Paris 8e.
- Deux salles : la grande salle (environ 1 000 places, classée monument historique) et le Studio Marigny (environ 300 places).
- Réouverture 2018 : après une fermeture débutée en 2013, avec « Peau d’âne ».
- Programmation : comédie musicale et spectacle musical ; agenda à jour sur le site officiel.
Le théâtre Marigny occupe une position singulière dans le paysage des salles parisiennes : un bâtiment en rotonde planté dans les jardins des Champs-Élysées, dont l’histoire remonte au milieu du XIXe siècle et qui, après cinq années de fermeture, a rouvert ses portes en novembre 2018. Situer ce lieu, c’est d’abord le distinguer d’un théâtre ordinaire : il combine une grande salle à l’italienne d’environ mille places, classée monument historique, et une seconde salle plus réduite, le Studio Marigny.
Ce guide décrit ce que l’on sait de son histoire, de son architecture, de sa programmation et des conditions pratiques d’accès. Quand une donnée varie dans le temps — la programmation, les tarifs — elle est signalée comme telle, et renvoyée à la billetterie officielle.
Le théâtre Marigny en bref
Le théâtre Marigny se trouve sur le carré Marigny, à l’angle de l’avenue de Marigny et des jardins des Champs-Élysées, dans le 8e arrondissement de Paris, à proximité immédiate du Rond-Point des Champs-Élysées. L’implantation compte autant que le bâtiment : peu de salles parisiennes disposent d’un tel écrin de verdure en plein cœur de la capitale.
Le lieu n’est pas une salle unique mais un ensemble de deux espaces. La grande salle, conçue à l’italienne — c’est-à-dire en fer à cheval, avec parterre, balcons et loges qui font face à la scène —, offre un ordre de grandeur d’environ mille places. Le Studio Marigny, plus intime, accueille de l’ordre de trois cents spectateurs et sert aux formes plus resserrées : créations, spectacles musicaux de format réduit, lectures.
Sur le plan de l’identité, le théâtre Marigny s’est repositionné, depuis sa réouverture, autour de la comédie musicale et du spectacle musical, sans s’y limiter strictement. C’est une orientation, pas une règle figée : la programmation évolue d’une saison à l’autre.
| Salle | Capacité (ordre de grandeur) | Forme | Usages |
|---|---|---|---|
| Grande salle | ≈ 1 000 places | Théâtre à l’italienne, classé MH | Comédies musicales, productions d’envergure |
| Studio Marigny | ≈ 300 places | Salle intime | Créations, formes resserrées, lectures |
Une histoire née sur les Champs-Élysées
L’histoire du site précède de loin le bâtiment actuel. Dès le milieu du XIXe siècle, les jardins des Champs-Élysées accueillent attractions et petits spectacles. En 1855, Jacques Offenbach y installe ses Bouffes-Parisiens dans une salle d’été : c’est l’un des points de départ documentés de la vocation théâtrale du lieu. La salle change ensuite plusieurs fois de nom et de forme au fil des décennies — on retient notamment l’appellation de Folies-Marigny.
Le tournant architectural intervient en 1883, lorsqu’un panorama — un grand bâtiment circulaire conçu pour exposer des toiles peintes à 360 degrés — est édifié sur des plans attribués à Charles Garnier, l’architecte de l’Opéra de Paris. La forme en rotonde du Marigny d’aujourd’hui découle directement de cette destination première. En 1894, l’architecte Édouard Niermans transforme ce panorama en théâtre proprement dit, en réaménageant le volume circulaire pour y loger une salle à l’italienne.
Le XXe siècle apporte une autre strate. À partir de 1946, la compagnie Renaud-Barrault, formée autour du comédien et metteur en scène Jean-Louis Barrault et de l’actrice Madeleine Renaud, fait du Marigny l’un de ses points d’ancrage. C’est dans cette période qu’est aménagée une seconde salle, plus petite, désignée selon les époques comme Petit-Marigny puis Studio Marigny.
Ces grandes figures — Offenbach pour l’opérette, Barrault et Renaud pour le théâtre d’art — donnent une mesure de la diversité des usages du lieu sur près d’un siècle et demi. Il faut distinguer ici l’histoire établie, sourcée par le théâtre lui-même et les ouvrages qui lui sont consacrés, des anecdotes invérifiables : ce guide s’en tient à la première.
Une architecture de rotonde classée
La caractéristique la plus visible du théâtre Marigny est sa forme : un bâtiment polygonal en rotonde, héritage direct du panorama de 1883. Là où la plupart des théâtres présentent une façade frontale, le Marigny se lit comme un volume refermé sur lui-même, posé au milieu de la verdure.
L’intérieur relève du registre à l’italienne : velours, dorures, ornementation du plafond, disposition en fer à cheval qui rapproche les spectateurs de la scène. La grande salle est classée au titre des monuments historiques depuis 1990, ce qui encadre toute intervention sur le bâti. Sa façade ornée — cartouches, mascarons et autres éléments décoratifs hérités de la composition d’origine — a fait l’objet d’une restitution lors des travaux de rénovation.
La distinction entre les deux salles est d’abord fonctionnelle. La grande salle convient aux productions d’envergure, comédies musicales et spectacles à distribution nombreuse. Le Studio Marigny, avec sa jauge plus modeste, se prête aux formes plus intimes, où la proximité avec le public fait partie du dispositif. Choisir l’une ou l’autre n’est pas neutre : la nature même du spectacle s’en ressent.
La grande rénovation et la réouverture de 2018
Le théâtre Marigny a connu une interruption longue. Fermé à partir de juillet 2013 pour des raisons structurelles, le bâtiment a fait l’objet d’un chantier de réhabilitation d’ampleur. Les travaux ont porté sur plusieurs registres simultanés : mise aux normes de sécurité, amélioration de l’accessibilité, modernisation des équipements scéniques et restauration des décors historiques.
À l’issue du chantier, l’exploitation a été confiée au groupe Fimalac. Le théâtre a rouvert en novembre 2018 avec « Peau d’âne », adaptation scénique du film musical de Jacques Demy et Michel Legrand — un choix d’ouverture cohérent avec l’orientation musicale revendiquée pour la nouvelle ère du lieu.
La donnée disponible à ce jour permet d’affirmer la chronologie — fermeture 2013, réouverture 2018 — sans plus de précision sur le détail des coûts ou des entreprises intervenues, que ce guide ne prétend pas documenter. L’essentiel pour le visiteur tient en un point : la salle qu’il découvre aujourd’hui est un bâtiment historique remis aux standards techniques contemporains.
Que voit-on au théâtre Marigny aujourd’hui ?
Depuis sa réouverture, la programmation du théâtre Marigny s’articule autour de la comédie musicale et du spectacle musical, avec des créations et des reprises, et ponctuellement d’autres formes : seul en scène, concert, théâtre. Le Studio Marigny complète l’offre par des propositions de plus petit format.
Une programmation change par nature d’une saison à l’autre : tout titre cité comme « à l’affiche » devient vite inexact. Pour l’agenda et les tarifs à jour, la seule source fiable est la billetterie officielle, sur theatremarigny.fr.
Ce guide s’abstient donc d’annoncer des spectacles précis, qui relèveraient de l’information périssable. Le chiffre — ou ici le titre — qu’on n’a pas à un instant donné est précisément celui qui compte pour un spectateur qui veut réserver.
Comment s’y rendre et réserver
L’accès au théâtre Marigny est facilité par sa centralité. La station de métro la plus proche est Champs-Élysées – Clemenceau, desservie par les lignes 1 et 13 ; le Grand Palais et l’avenue des Champs-Élysées sont à quelques minutes à pied. Plusieurs lignes de bus passent à proximité, et la marche depuis la place de la Concorde reste une option pour qui veut traverser les jardins.
Pour la réservation, le principe est simple : passer par la billetterie officielle ou par des revendeurs agréés. Les tarifs varient selon le spectacle, la catégorie de place et la date ; ils sont indiqués sur le site officiel, et il serait trompeur d’avancer ici un prix chiffré qui ne vaudrait que pour une production donnée. L’accessibilité aux personnes à mobilité réduite figure parmi les points améliorés par la rénovation ; les modalités précises sont à confirmer auprès du service billetterie au moment de réserver.
Le Studio Marigny, une scène à part entière
On résume souvent le théâtre Marigny à sa grande salle, mais le Studio Marigny mérite une mention distincte. Cette seconde salle, héritée des aménagements du milieu du XXe siècle autour de la compagnie Renaud-Barrault, fonctionne selon une logique différente. Sa jauge réduite, de l’ordre de trois cents places, modifie le rapport au plateau : le spectateur est plus proche, la voix porte sans amplification massive, et certaines formes — texte intimiste, spectacle musical resserré, lecture — y trouvent un cadre que la grande salle ne permet pas.
Cette dualité n’est pas un simple confort de programmation. Elle permet au lieu d’accueillir, la même saison, une production d’envergure et une proposition plus confidentielle. Pour le visiteur, la conséquence est pratique : il faut vérifier dans quelle salle se joue le spectacle visé, car l’expérience diffère sensiblement de l’une à l’autre, tout comme le nombre de places disponibles.
Le Marigny dans le paysage des théâtres parisiens
Replacer le théâtre Marigny parmi les salles parisiennes aide à comprendre sa place. Paris compte un grand nombre de théâtres privés et publics, mais peu réunissent à la fois une implantation dans un jardin, une forme architecturale en rotonde et un classement au titre des monuments historiques. Cette combinaison fait du Marigny un cas particulier plutôt qu’une salle parmi d’autres.
Son orientation vers la comédie musicale le rapproche, par le répertoire, d’autres scènes parisiennes spécialisées dans le spectacle musical à grand format. Mais il s’en distingue par son histoire longue, qui le relie aussi bien à l’opérette du XIXe siècle qu’au théâtre d’art du XXe. L’hypothèse inverse mérite d’être exposée : on pourrait voir dans cette polyvalence un manque de ligne ; il est plus juste d’y lire la sédimentation d’usages successifs, propre à un lieu qui a traversé près de cent soixante-dix ans sans interruption définitive.
Où se trouve le théâtre Marigny ?
Sur le carré Marigny, à l’angle de l’avenue de Marigny et des jardins des Champs-Élysées, dans le 8e arrondissement de Paris, près du Rond-Point des Champs-Élysées.
Combien de salles compte le théâtre Marigny ?
Deux : la grande salle à l’italienne, d’environ mille places et classée monument historique, et le Studio Marigny, plus intime, de l’ordre de trois cents places.
Quand le théâtre Marigny a-t-il rouvert ?
En novembre 2018, après une fermeture amorcée en juillet 2013 pour raisons structurelles. Le spectacle d’ouverture était « Peau d’âne », d’après Jacques Demy et Michel Legrand.
Quel type de spectacles y joue-t-on ?
Principalement des comédies musicales et des spectacles musicaux, avec des créations, des reprises et, ponctuellement, d’autres formes. La programmation évolue chaque saison : elle est à vérifier sur le site officiel.
Comment réserver une place ?
Par la billetterie officielle, sur theatremarigny.fr, ou auprès de revendeurs agréés. Les tarifs, propres à chaque spectacle, y sont indiqués.
Le théâtre Marigny se comprend mieux comme une succession de couches qu’à travers un seul de ses états : un panorama de 1883 devenu théâtre, une salle de compagnie au XXe siècle, un équipement rénové en 2018.