Cuisine du monde · Italienne

Drapeau italien

ses couleurs, son histoire et le tricolore dans l’assiette

Vert, blanc, rouge : ce que dit le drapeau italien, d’où viennent ses couleurs, et comment le tricolore se retrouve au cœur de la cuisine italienne.

Drapeau italien aux trois bandes verticales verte, blanche et rouge, flottant sur un mât devant un ciel bleu
Réponse rapide

Le drapeau italien, « il Tricolore », se compose de trois bandes verticales — verte près de la hampe, blanche, rouge. Né en 1797, il a pris sa forme actuelle en 1948. Ses trois couleurs résonnent jusque dans la cuisine italienne, de la pizza Margherita à la salade caprese.

  • Trois bandes verticales : vert (côté hampe), blanc, rouge.
  • Proportion officielle : rapport 2:3.
  • Premier drapeau tricolore d’État : 1797, à Reggio d’Émilie.
  • Le même trio de couleurs structure des plats italiens emblématiques.

Vert, blanc, rouge. Trois bandes que l’on reconnaît au premier coup d’œil, sur un stade, une façade de trattoria ou un paquet de pâtes. Le drapeau italien, que les Italiens appellent simplement « il Tricolore », est l’un des emblèmes les plus familiers d’Europe. Mais derrière cette image se cache une histoire précise, des couleurs dont la signification se discute encore, et un prolongement inattendu : ces trois teintes se retrouvent jusque dans l’assiette, au cœur de la cuisine italienne. Voici ce qu’il faut savoir sur le drapeau italien, et sur le tricolore qui passe du mât à la table.

À quoi ressemble le drapeau italien ?

Le drapeau italien se compose de trois bandes verticales d’égale largeur. Dans l’ordre, en partant de la hampe — le mât —, on trouve le vert, puis le blanc au centre, puis le rouge du côté flottant. Cet ordre n’est pas un détail : il distingue le drapeau italien d’autres tricolores qui partagent ses couleurs, comme le drapeau mexicain, plus chargé en son centre, ou le drapeau irlandais, dont le vert, le blanc et l’orange suivent une autre logique.

Le rapport officiel entre la hauteur et la largeur du drapeau est de 2:3, soit une bande un peu plus large que haute. Le surnom « il Tricolore » s’est imposé au point de désigner le drapeau bien plus souvent que son nom officiel. C’est dire l’attachement des Italiens à ces trois bandes, devenues un symbole d’identité autant que de cuisine.

Une histoire née en 1797

Contrairement à une idée répandue, le tricolore italien n’est pas né avec l’unité du pays au XIXe siècle. Il est plus ancien. Le 7 janvier 1797, la République cispadane, un éphémère État du nord de l’Italie, l’adopte officiellement à Reggio d’Émilie. Ce jour-là, le parlement décrète que l’on rende universel l’étendard aux trois couleurs, vert, blanc et rouge. L’Italie devient ainsi le premier État à arborer ce tricolore vertical, bien avant de devenir une nation unifiée.

Le drapeau traverse ensuite les soubresauts de l’histoire italienne. Lors de l’unité de 1861, il devient le drapeau du royaume d’Italie, mais frappé en son centre des armes de la maison de Savoie. Il faut attendre l’après-guerre pour qu’il prenne sa forme actuelle. Le 19 juin 1946, après la proclamation de la République et la fin de la monarchie, les armes royales sont retirées. La forme définitive, dépouillée et simple, est officialisée le 1er janvier 1948 avec l’entrée en vigueur de la Constitution italienne. Le drapeau que l’on connaît aujourd’hui a donc à peine plus de soixante-quinze ans dans sa version officielle, mais ses couleurs, elles, remontent à 1797.

DateÉvénementCe qui change
7 janvier 1797République cispadane, Reggio d’ÉmilieAdoption du tricolore vert-blanc-rouge : premier État à l’arborer
1861Unité italienneLe tricolore devient le drapeau du royaume, avec les armes de Savoie au centre
19 juin 1946Proclamation de la RépubliqueRetrait des armes royales après la fin de la monarchie
1er janvier 1948Entrée en vigueur de la ConstitutionOfficialisation de la forme actuelle, sans emblème

Que symbolisent le vert, le blanc et le rouge ?

C’est ici qu’il faut être prudent. Aucune signification des trois couleurs n’est gravée dans un texte officiel. Ce qui circule relève de l’interprétation, transmise de génération en génération, et plusieurs lectures coexistent.

La première est poétique, presque savante. Elle rattache les trois couleurs aux vertus théologales, en s’appuyant sur une image littéraire : dans la Divine Comédie, Dante décrit les vêtements de Béatrice avec le blanc de la foi, le vert de l’espérance et le rouge de la charité. Cette lecture séduisante donne au drapeau une profondeur spirituelle, mais elle reste une interprétation a posteriori.

La seconde lecture est plus populaire, souvent enseignée aux enfants. Elle voit dans le vert les collines et les plaines du pays, dans le blanc la neige des Alpes, et dans le rouge le sang versé par les martyrs des guerres d’indépendance du XIXe siècle. Image forte, facile à retenir, mais là encore sans valeur officielle. La vérité historique est plus simple : les couleurs viennent probablement des cocardes et uniformes des mouvements républicains de la fin du XVIIIe siècle, inspirés du modèle français. Retenez surtout que ces significations sont des récits, beaux mais non gravés dans le marbre.

Le tricolore à table

la cuisine italienne aux couleurs du drapeau

Voilà où le drapeau rejoint notre territoire. Car le vert, le blanc et le rouge ne décorent pas seulement les édifices : ils structurent quelques-uns des plats les plus emblématiques de la cuisine italienne. Le tricolore, en Italie, se mange aussi.

La pizza Margherita et sa légende

L’histoire la plus célèbre est celle de la pizza Margherita. La tradition raconte qu’en 1889, le pizzaïolo napolitain Raffaele Esposito aurait composé pour la reine Margherita de Savoie une pizza aux couleurs du drapeau : la tomate pour le rouge, la mozzarella pour le blanc, le basilic pour le vert. La souveraine l’aurait tant appréciée que la pizza aurait pris son nom.

Une légende à nuancer

Les historiens contestent largement ce récit. Des pizzas à la tomate, à la mozzarella et au basilic existaient à Naples avant 1889, et la lettre royale censée prouver l’épisode est tenue par de nombreux spécialistes pour un faux. La pizza Margherita reste une icône, mais son acte de naissance royal relève davantage de la légende que du fait avéré.

La caprese et l’insalata tricolore

Le tricolore le plus sûr, dans l’assiette, n’a rien d’une légende : c’est la salade caprese. Née sur l’île de Capri, dans la baie de Naples, elle réunit la tomate, la mozzarella et le basilic — exactement le rouge, le blanc et le vert du drapeau. Sa simplicité même est sa force : trois ingrédients de qualité, un filet d’huile d’olive, et rien d’autre. Beaucoup d’Italiens y voient une déclaration discrète aux couleurs nationales.

D’autres préparations jouent sur le même registre, regroupées sous le nom d’« insalata tricolore » : associations de roquette, de mozzarella et de tomate, ou variantes selon les régions, toujours organisées autour des trois teintes. Le tricolore devient alors un principe de composition autant qu’un clin d’œil patriotique.

Pourquoi ces couleurs reviennent sans cesse

Il y a une raison plus profonde à cette récurrence. Le vert, le blanc et le rouge ne sont pas plaqués artificiellement sur la cuisine italienne : ce sont les couleurs de son garde-manger. La tomate, base de tant de sauces, donne le rouge. La mozzarella, le parmesan, la ricotta apportent le blanc. Le basilic, la roquette, le pesto et les herbes fournissent le vert. Quand on cuisine italien, on travaille spontanément avec ce trio. Le tricolore dans l’assiette tient donc autant à la réalité des produits qu’au symbole national. C’est ce qui rend le clin d’œil sincère plutôt que forcé.

Composer une assiette tricolore chez soi

Rendre hommage au drapeau dans son assiette ne demande ni matériel particulier ni talent de chef. Une caprese bien faite suffit, à condition de soigner chaque ingrédient. Voici comment procéder pour que les trois couleurs ressortent et que le goût suive.

  1. Choisir une tomate mûre

    Privilégiez une tomate de saison, bien rouge et parfumée. C’est elle qui porte le rouge du drapeau et la fraîcheur du plat. Une tomate fade gâche l’ensemble.

  2. Prendre une vraie mozzarella

    Optez pour une mozzarella entière, idéalement di bufala, égouttée. Son blanc franc et sa texture moelleuse font le deuxième pilier du tricolore.

  3. Ajouter du basilic frais

    Des feuilles de basilic fraîches, jamais séchées, apportent le vert et l’arôme. Déchirez-les à la main plutôt que de les couper, pour préserver le parfum.

  4. Assaisonner avec sobriété

    Un filet d’huile d’olive vierge extra, une pincée de sel, éventuellement un tour de poivre. Pas de vinaigre : la caprese se passe d’acidité ajoutée.

  5. Dresser en alternant les couleurs

    Alternez rondelles de tomate et de mozzarella, glissez le basilic entre les deux. L’œil doit retrouver le vert, le blanc et le rouge d’un seul regard.

À retenir

Le drapeau italien tient en quelques repères simples. Trois bandes verticales — vert près de la hampe, blanc, rouge —, un rapport 2:3, un tricolore né en 1797 à Reggio d’Émilie et officialisé dans sa forme actuelle en 1948. Ses couleurs n’ont pas de signification officielle : les lectures spirituelle et géographique sont de belles interprétations, pas des vérités gravées. Enfin, ce vert-blanc-rouge se prolonge dans la cuisine italienne, de la caprese fiable à la pizza Margherita, dont la légende royale mérite d’être nuancée. Du mât à la table, les couleurs racontent la même Italie.

Quelles sont les couleurs du drapeau italien et dans quel ordre ?

Le drapeau italien comporte trois bandes verticales d’égale largeur : le vert près de la hampe (le mât), le blanc au centre, et le rouge du côté flottant. C’est cet ordre précis qui le distingue d’autres tricolores comme le drapeau mexicain ou irlandais. Sa proportion officielle est de 2:3.

Que signifient le vert, le blanc et le rouge du drapeau italien ?

Aucune signification n’est officielle. Deux lectures circulent : une lecture poétique liant les couleurs aux vertus théologales (foi, espérance, charité), et une lecture populaire voyant le vert des collines, le blanc de la neige des Alpes et le rouge du sang des martyrs. Ce sont des interprétations transmises, non des vérités inscrites dans un texte.

Depuis quand l’Italie a-t-elle ce drapeau ?

Le tricolore vert-blanc-rouge a été adopté pour la première fois le 7 janvier 1797 par la République cispadane, à Reggio d’Émilie. Il a pris sa forme actuelle, sans armes royales, après la proclamation de la République en 1946, et a été officialisé le 1er janvier 1948 avec la Constitution italienne.

La pizza Margherita a-t-elle vraiment été créée pour la reine Margherita ?

C’est une tradition très répandue, mais contestée par les historiens. Des pizzas à la tomate, à la mozzarella et au basilic existaient à Naples avant 1889, et la lettre royale censée prouver l’anecdote est largement tenue pour un faux. La pizza Margherita reste emblématique, mais son origine royale relève davantage de la légende que du fait établi.

Quels plats italiens reprennent les couleurs du drapeau ?

La salade caprese (tomate, mozzarella, basilic), née à Capri, est l’exemple le plus net du tricolore dans l’assiette. La pizza Margherita et diverses « insalata tricolore » jouent sur le même trio. Plus largement, ces couleurs reviennent parce qu’elles correspondent aux produits de base de la cuisine italienne : tomate, fromages frais et herbes vertes.

Du drapeau à l’assiette, le vert-blanc-rouge raconte la même chose : une Italie qui tient à ses couleurs autant qu’à sa table.